Se sentir vivre sous le regard d'un homme...
Depuis quelques jours, en prenant mon café devant la fenêtre de ma cuisine, j'ai senti une présence. Un truc un peu étrange, l'impression que quelqu'un m'observait. J'avais déjà ressenti cette sensation plusieurs jours auparavant, sans vraiment y prendre garde.
Sauf que là, c'est devenu évident. Il était là hier soir. Il est toujours là ce matin. A peine dissimilé derrière un arbre.
Il y a bien quelqu'un, en bas de chez moi. Qui me regarde. Inlassablement. A croire qu'il ne réussit pas à détourner le regard. Une sorte d'amoureux transi ou que sais-je encore...
Il n'a pas cherché à me parler, ni même à m'approcher. Juste, il me regarde partir le matin, et rentrer le soir. Et entre temps, j'ai bien l'impression qu'il ne bouge pas de là où il est. Quoique, là dessus, j'ai un doute parce qu'il me semble l'avoir aperçu en d'autres endroits de la ville. Comme s'il faisait en sorte de multiplier les hasards des rencontres.
Le pire, c'est qu'il ne se cache même pas. Bien au contraire... Il s'affiche !
J'avoue... Si un de ces jours, il ose traverser la rue pour m'inviter à boire un verre, je crois que je ne refuserais pas.
En attendant...
Il passe à quelle heure le chatbus ?
Je parlais de ma taille... pas de mon âge.
" - Regarde, je t'ai acheté un pull. Il est chouette, non ?
- Si, si. Il est beau.
- Moi, j'aime beaucoup. La forme, la couleur, les petits boutons, là. D'ailleurs s'ils l'avaient eu en taille 16 ans, je l'aurais pris pour moi aussi.
- En taille 16 ans !
- Ben oui...
- Euh Maman... T'es au courant que t'as plus 16 ans depuis longtemps ? Je te signale que c'est 34 ans, ton âge..."
Leçon de vie...
"- Bon, Maman, viens que je t'explique...
- Ok. Explique.
- Alors... Si tu veux faire un bébé, il faut que tu ailles sous la couette avec ton mari. Mais attention, il faut que vous soyez tout nus, sinon ça ne marche pas. Quand tu entends comme une petite musique, ça veut dire que ça a marché.
- Ah.
- Attention. Là, le temps passe très vite. Les minutes deviennent des heures. Alors fais bien attention au temps qui passe.
- Ok, je dois faire attention au temps qui passe. C'est noté.
- A un moment, ton ventre va grossir d'un seul coup. Sans que tu t'en aperçoives, un jour, tu vas te retourner, et tu auras un gros ventre.
- Mais pourquoi ? ça se fait d'un seul coup ?
- Ben, c'est comme ça. C'est parce que tu es enceinte. Si tu te plies en deux parce que tu as très très mal au ventre, il faudra que ton mari t'emmène à l'hôpital. Normalement, il sait déjà où c'est. Et là, tu vas accoucher.
- Ok... ça, je sais faire.
- Si c'est une fille, appelle-la Valentine. Et si c'est un garçon... Ben je ne sais pas.
- Valentin ?
- Oh non, pas Valentin ! Ah oui, aussi... quand ton enfant va naître, il faudra que tu fasses attention à ses traits de caractère. Surtout ne le choisis pas "hermite" ou "folle". La dernière fois, ma fille était folle. Et c'était pénible, elle faisait n'importe quoi.
- Ah bon ?!?
- Sinon... Si tu veux plein d'argent, il faut que tu tapes un code spécial sur le clavier. Et ça te donne beaucoup d'argent, tout de suite. Ensuite, tu peux le dépenser.
- Cool !
- Oui ! Mais surtout, il y a un truc que tu ne dois pas faire. C'est important hein...
- Oui... Dis-moi.
- Il ne faut surtout pas que tu ailles draguer d'autres garçons que ton mari. Parce que sinon, il ne sera pas content. Et alors, votre vie sera plus courte. Parce que si on n'a pas assez de bonheur avec son mari ou sa femme, alors on vit moins longtemps.
- C'est pas faux.
- Bien sûr, pour faire tout ça, il faut que tu sois en mode "vie".
- Bien sûr...
- Bon, et puis si ça ne marche pas... T'inquiète, on peut tout jeter à la poubelle et recommencer une nouvelle vie depuis le début..."
Hum... Sacrée vie que celle d'un Sims !
Les bruits calmes
A piece of my morning sky
Il faut croire à sa chance...
"Maman, tu sais... Il faut croire à sa chance. Parce que si on ne croit pas à sa chance, alors on ne fait pas son truc. Et on n'a pas de bonheur..."
Trois bouts de craie sur le pavé
Des tas de bracelets autour des poignets...
Aujourd'hui, on m'a fait un cadeau... Joli et coloré, éphémère et fragile. Difficile de le porter sans l'abîmer, mais impossible pour autant de ne pas le porter.
Et que ne durent que les moments doux...
Ils avancent tous les deux dans l'allée ombragée. Il est bien plus grand qu'elle, encore pour quelques temps. Un jour, elle le rattrapera. Peut-être même qu'elle le dépassera. Mais pour le moment, il est encore assez grand pour qu'elle se sente protégée quand elle est dans ses bras.
Ils avancent tous les deux côtes à côtes, dans un drôle de mouvement. Mains tendues vers l'avant, yeux à moitié fermés, ils avancent en aveugles, en tâtonnant. Comme un drôle de colin maillard qu'ils se sont inventés. Ils se frôlent, ils se bousculent, ils s'éloignent, puis se rapprochent. Ils se guident l'un l'autre, se cognent l'un à l'autre. Elle finit par atterir au creux de ses bras, et il la cueille dans un même mouvement. Elle rit de se retrouver là. Il rit de la voir rire...
Ils avancent tous les deux, seuls au milieu des autres. Peu importent les passants, peu importent les gens. Ils sont ensemble... Ils sont ensemble, et elle rit.
C'est tout ce qui compte...
La fille qui aimait sa chanson triste...
Il y a quelques années, j'ai connu une fille qu'une seule chanson au monde était capable de faire pleurer.
Des chansons, elle en connaissait plein. Des tas même. Beaucoup la faisaient sourire, certaines l'agaçaient, d'autres lui donnaient de la force... Mais une seule la faisait pleurer. Une chanson infiniment douce et infiniment triste, à elle seule, faisait monter des larmes que rien ne pouvait arrêter.
Cette fille-là, je l'avais vue soulever des montagnes. Se battre, tomber, se relever. Elle était drôle. Plus que beaucoup d'autres. Et gaie, le plus souvent. Mais une chanson suffisait à la faire pleurer. Une seule chanson au monde.
Elle savait très bien pourquoi cette chanson-là lui faisait cet effet-là. Cette chanson douce et triste écoutée ce jour dur et triste. Un de ces jours sur lequel on ne peut pas revenir, où la douleur lui avait tout simplement déchiré le coeur. Une émotion un peu trop forte qui vient planter ses griffes sur un coeur un peu trop mou. Et voilà que cette chanson-là ne s'écouterait plus jamais sans larmes.
Cette chanson, elle l'aimait malgré tout. Elle l'appelait "ma chanson triste".
Une fois, elle m'a avoué réécouter sa chanson triste de temps en temps. Pas très souvent toutefois. Elle disait "Cette chanson, il m'est difficile de l'écouter, mais il me serait tout aussi difficile de ne plus jamais l'entendre..."
Maxi et le plus long calin du monde
"Maman, je crois que je sais ce que c'est le plus long calin du monde...
C'est quand on est dans le ventre de sa mère. Parce que pendant 9 mois, on est tout contre son coeur."
9 mois, le plus long calin du monde...
Maxi et la communication
"T'as vu Maman, elle est géniale ma façon de communiquer !"
Géniale, c'est le mot...
Mensonge et conséquence
Aujourd'hui, Mini avait une demande un peu particulière à me faire :
- "Maman, il faudrait que tu me rendes un service, s'il te plait.
- Oui, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Ben, en fait, il faudrait juste que tu fasses un bébé.
- Pardon !?!
- Ben... C'est parce que j'ai dit à ma copine Eva que j'allais avoir une petite soeur, et je ne veux pas qu'elle sache que c'était un mensonge.
- ...
- Alors tu veux bien ? "
Banc de touche
Mais c'est bien sûr !
Aujourd'hui, en arrivant au travail, une voiture a failli me percuter sur le parking. La dame qui conduisait n'a pas eu l'air de s'en apercevoir. En franchissant le hall d'entrée, la dame de la voiture m'a bousculée. Elle était pressée, elle ne s'est pas retournée. En entrant dans l'ascenceur, la dame de la voiture n'a pas entendu mon "bonjour" lancé à la cantonnade. Elle parlait avec son collègue, qui lui non plus ne m'a pas répondu. En sortant de l'ascenseur, mon "bonne journée" pourtant très audible est lui aussi resté sans réponse.
Aujourd'hui, j'ai fait une découverte.
Ou plutôt non... J'ai confirmé une hypothèse. Quelques indices concordants glanés au fur et à mesure des années. L'observation un peu naïve de phénomènes identiques et récurrents, dans des milieux et à des moments pourtants différents, confirment une intuition qui tend à devenir conviction.
Aujourd'hui, je peux enfin l'affimer sans peur de me tromper : j'ai le don d'invisibilité !
Mini et les risques calculés
Mini en pleine négociation, trouve souvent des arguments très percutants pour défendre sa cause :
"- Maman, si tu ne m'achète pas la Barbie que j'aime tellement, je vais pleurer toute ma vie.
- Mais non, tu ne vas pas pleurer toute ta vie...
- Si.
- Bon, je crois que je vais prendre le risque quand même.
- Oh non !!! C'est pas juste... Tu prends toujours les riques que je ne veux pas !"
...
"Maman, regarde comme tu es belle !"
Maxi et les priorités
Maxi, au moment d'aller au lit :
" Maman... Il faut que tu fasses mon lit. Et un bisou aussi. Surtout un bisou !"
J'adore.
D'où naissent ces instants ?
Une naissance / Une promenade / Une escalade périlleuse dans une toile d'araignée / Les roulettes du petit vélo qui apprennent à suivre les grandes roues du grand vélo / Saint-Exupéry / Une invitation au pique-nique / La grande nappe bleue sur l'herbe verte / Erin Brokovich et Lovely Bones / Un apéro - bristrot avec pleins de marmots / Le jazz manouche et les bruits des voitures / Les crèpes au sucre / Le silence du soir / La respiration sourde des enfants fatigués.




















